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La Sanctuarisation des Entreprises

Combien de fois avons-nous entendu cette phrase :  « l’Etat devrait être géré comme une entreprise » ?

L’objet de ce post n’est pas de discuter le bien fondé de cette affirmation (il y aurait tant à dire…) mais plutôt de placer, pour une fois, l’entreprise face à ses contradictions et ses responsabilités, car le modèle post-industriel n’est plus si attractif que ça et commence, lui aussi, à connaître des difficultés.

Au delà de la crise, les raisons de cette sinistrose ne sont pas toujours dues à des facteurs exogènes. L’entreprise est devenue le parent pauvre de la technologie, une petite psychanalyse s’impose :

Au début des années 2000 il s’est passé un événement étrange, assez peu relayé par les analystes et les divers observateurs du monde de l’entreprise … l’aire du 2.0 et l’arrivée des Smartphones avait mis l’entreprise à la rue en terme d’équipement informatique. Ces nouveaux outils « à destination du plus grand nombre » s’avéraient aussi voir plus puissants que “les devices” informatiques présents au cœur de l’entreprise.

Moi simple quidam salarié, avais maintenant accès à la maison au « top de de la technologie ». Le bureau qui était le lieu des nouveautés bureautiques et informatiques depuis toujours était devenu un musée poussiéreux de vieilles techno fait “d’accès restreints” et de matériel obsolète.

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No pasarán ! résistance et peur face au changement

La peur de perdre le contrôle

Le premier réflexe face à ces nouvelles technologique a été de se protéger.

Je vois encore un ami assureur en train d’essayer de me faire une démonstration sur son compact dell , lui posant une question délicate, je le contraint à devoir aller chercher une info sur le web, et là… blocage. Le méchant salarié avait un accès restreint sur la toile.  Le département RH redoutait certainement une utilisation abusive des ressources divertissantes de la toile. Ni une ni deux, mon ami prend son smartphone perso, pour trouver l’info…

Cet exemple est typique d’un des symptômes majeurs de l’entreprise : la résistance et la peur face au changement, l’incapacité chronique de l’entreprise à faire face aux évolutions de son temps par peur de perdre le contrôle.

Un coup de retard à chaque fois

Il existe une dichotomie entre l’organisation des entreprises et les possibilités qui nous sont offertes par la technologie aujourd’hui. Une des règles d’or du web est l’ouverture (open source, open datea…) la mise à jour constante des programmes et des navigateurs. Seulement « l’organisation » impose des standards qui sont rarement compatibles avec ce monde en perpétuel mouvement.

Prenons l’exemple des navigateurs, pour ceux qui travaillent dans le monde digitale il est fréquent que les entreprises imposent des navigateurs complètement obsolètes car une référence a été imposée (depuis longtemps et pour longtemps…) à tout l’écosystème informatique de la structure, Internet explorer 8 en est l’illustration parfaite. Seulement IE 8 en 2015 ne supporte plus grand chose et ne peut être la référence d’un développement d’un site ou d’une animation dite « innovante » ou même en phase avec son époque.

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Il serait injuste voir simpliste de ne voir dans ce constat qu’un problème de peur ou d’incapacité à se moderniser. Les problèmes de sécurité (réels) et les investissements lourds réalisés sur des architectures informatiques (ou matériel) faites de choix technologique à un instant ‘”T” expliquent en grande partie cette incapacité à se moderniser.

Seulement, en mettant ses difficultés comme un préalable à tout processus de modernisation, l’entreprise s’enlise elle-même dans le passé.

Une des solutions commence peut-être par ne pas traiter tous les départements d’une entreprise sur un même pied d’égalité concernant l’accès et la dotation en nouvelles technologies notamment des département comme le marketing et le digital censées insuffler des idées nouvelles aux organisations.

Pour revenir à l’affirmation à la mode “l’Etat devrait être géré comme une entreprise” , il serait peut-être temps que, de son côté, l’entreprise vive avec les outils quotidiens des êtres humains qui la compose.

Par Paul - la sentinelle - le